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J'ai comptemplé cette abscence. Essayer de l'apprivoiser. Avec toujours ce même echec.
Les peaux brunissent sous le soleil du Sud.
La chaleur n'a pas éttouffé mon Coeur.
Et il nous reste toujours du temps pour réver ..
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Juin 1939. Le soleil luisait encore faiblement dans le ciel qui ressemblait à un ruban infini. Un pinson piaillait quelque part dans les ramures des arbres du parc. Assis sur un banc, tout au fond du par cet dissimulé par un bosquet de pin, un jeune homme attendait. Il devait avoir tout juste la vingtaine. Il patientait calmement, ses cheveux prenant des reflets ambrés dans la lueur sanglante du crépuscule.
Deux mains masquèrent sa vue et un rire argentin tinta près de ses oreilles. Il sourit et appliqua une pression sur les poignets qui entouraient sa tête. Les mains le lachèrent et une jeune femme fit le tour du banc pour venir s'asseoir près de lui. Elle lui offrit le sourire qu'elle n'avait que pour lui. Un sourire tendre et rieur qui créait une petite fossette sur sa joue droite. Il l'attira contre lui et caressa du bout des doigts son visage si fin. La peau était fraiche et douce comme du satin sous la pulpe de son pouce. Elle ferma les yeux et s'appuya contre sa paume. Le jeune homme se pencha et déposa un baiser sur ses lèvres charnues.
Lorsqu'il relacha sa bouche elle se leva en riant. Une brise d'air chaud secoua sa longue robe et rabattit ses cheveux sur son visage. Elle les repoussa derrière son oreille et regarda à nouveau le jeune homme. Son regard clair s'était modifié. Ses prunelles luisaient. Elle eut un brusque sursaut dans le c½ur et sa gorge se serra. Ce n'était pas douloureux : juste très agréable, une forte dose d'adrénaline dans les veines. Elle comprit ce qu'au fond d'elle, elle avait toujours su. La jeune femme revint vers lui et se pencha. Il leva nouveau a main pour caresser son visage. Même s'il le connaissait par c½ur, il ne s'en lassait pas et surement jamais. Elle posa son front contre le sien et souffla dans un murmure :
« Je t'aime.
Il la serra contre lui comme si elle avait pu disparaître d'une seconde a l'autre. Jamais elle ne lui avait dit avec autant d'émotion dans la voix. Il la serra encore plus fort et s'immergea dans le parfum ennivrant et fruité de ses cheveux. Le reste du monde leur importait peu.
La nuit était tombée et es rayons de lune passaient à travers les carreaux accrochant leurs éclats blafards dans ses longues boucles. La jeune femme regardait le plafond, perdue dans ses pensées.
Depuis combien de temps le connaissait-elle ? Un peu plus de trois ans. Elle n'oublierait jamais le jour où elle l'avait rencontré. Un jour où la neige accrochait la lumière creuse du soleil, il l'avait aidé à déblayer la couche de flocons accumulés devant chez elle. Ils avaient continués de se voir et, de fil en aiguille elle avait commencé à l'aimer, à avoir une drôle de chaleur dans le ventre lorsqu'il plantait son regard dans le sien.
Elle en était sûre a présent, son c½ur lui appartenait. Pour toujours. Son nom était inscrit dans son sang et battait en elle dans une mélodie suave. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais l'oublié. Elle s'en savait incapable.
La jeune fille se doutait que c'était réciproque. Il a une telle façon de la regarder, de caresser ses courbes, ses lèvres, qu'elle ne peut en douter.
Elle se tourna dans son lit et ferma les yeux. Elle finit par sombrer dans le sommeil, un sourire flottant sur son visage serein.
Une femme criait dans la rue. Elle sanglotait, suppliait. Il resta figer contre un lampadaire au coin de la rue. Des soldats entouraient une maison. Sa maison, à elle. Il la reconnut sans mal. Elle ressortait avec une clarté qui lui faisait mal aux yeux. S'approchant avec difficulté du cordon de sécurité que formaient les militaires, il sentit son c½ur accéléré. Puis il la vit. Et il crut mourir. Sa poitrine se creusa violement et l'oxygène lui échappa. Le monde devint flou et ne fut plus qu'un amas de taches confuses à la lumière fade. Tout ce en quoi il croyait s'effondra. Elle sortait de la maison, tête baissée, sans se débattre. Son prénom passa la barrière de ses lèvres avec une force dont il ne se croyait pas capable. Ses cordes vocales le brulèrent. Un ordre qu'il n'entendit pas, claqua à côté de lui. Les soldats le retinrent et le repoussèrent sans ménagement. A nouveau le jeune allemand essaya d'avancer. Et une crosse heurta sa tempe. Le sang chaud coula sur sa joue mais il vacilla à peine malgré la dureté du choc, focalisé sur elle. Une fois de plus il hurla son prénom et sa gorge se déchira sous la violence du cri. Elle releva le visage vers lui et le sourire qu'il aimait tant apparut. Omnubilé par ses lèvres il vit à peine la larme qui roulait sur sa belle joue. La larme la plus douloureuse de son existence.
Elle fut emmenée.L'étoile jaune sur son c½ur la brula, un brasier qui peu à peu envahissait son corps et tous ses membres. Ils étaient différents et elle en payait le prix.
Jamais il ne la revit.
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